suede a écrit:C'est toi qui voit une fascination.
La culture, c'est avant tout d'ouvrir les yeux et de voir qu'il y a d'autres formes d'art et de culture. Tu te focalises sur ce qui te choque, l'élimine de ta définition de la culture et ne retient que ce qui te convient ou ne te convient pas.
Suffit d'aller sur bilddagboken, il n'existe aucune site suédois avec autant de membres et cette impression qu'il n'y a que des clones et presque rien de suédois, juste des réflexes (on célèbre des fêtes juste pour boire, faire comme les autres).
Si se faire tatouer dans le dos une page de l'annuaire c'est de la culture d'accord
Ce qui me fatigue, c'est qu'il n'y a rien, aucune réelle originalité, juste copier ce qui se fait le plus vulgaire, lourdingue ailleurs (je connais très bien la sous-culture, la contre culture, 10 fois plus d'artistes que 95 % des Suédois, donc infiniment plus curieux, mais être curieux ne veut pas dire tout accepter, considérer n'importe quelle mode, nouveauté comme une évolution, un progrès (c'est comme la tolérance, sans limite, cela ne veut plus rien dire et cela produit encore plus de violence, d'intolérance).
Des dessins comme sur les graffitis, j'en faisais dans les 80's, 90's, et adolescent je me suis interessé plus ou moins aux mêmes artistes, films, magazines (dès 12/13 ans, je dévorais l'écho des savanes, métal-hurlant, hara-kiri, l'écran fantastique, mad movies, parfois très violent, très cru...)... mais dès la fin des 80's, c'était devenu trop artificiel, prétentieux, donc je me suis interessé à autre chose, à d'autres époques. Le toujours plus, cela mène nulle part et c'est très facile de continuellement grossir le trait, de rajouter des tonnes de viande, toujours plus de gros plans (il n'y a qu'à voir les oeuvres de nombreux jeunes peintres figuratifs qui s'inspirent des bouquins de cul, cela vaudra jamais une oeuvre de Friedrich ou de Turner (après on pourra toujours écrire que c'est une critique de l'époque, de la société de consommation, alors qu'ils en rajoutent une couche).
Si on prend la musique pop-rock, c'est amusant de constater que même aujourd'hui, les groupes les plus interessants sont encore ceux de 66-74. Aujourd'hui, il y a juste plus de tatouages de plus en plus gros et plus de "fuck", cela ne s'oppose plus à rien (des mères obèses, le visage fatigué avec un berger alemand tatoué sur l'épaule, il y en a en Suède), alors qu'en 65, un chevelu disant "fuck" à des commerçants, habitants de certains états du sud des USA, il avait du courage.
Il y aurait un mouvement comme le préraphaélisme (de jeunes artistes plutôt doués se révoltant contre la peinture anglaise, tout un maniérisme sonnant faux, voulant s'inspirer de la nature), d'accord, mais là pas de Ruskin, mais de la bonne tv réalité, des tas de faux rebelles et cela rapporte du fric de transformer des humains en arbres de noël avec des tonnes de décorations en leur faisant croire que plus ils en auront plus ils seront beaux, rebelles, jeunes...
Encourager cela, ce n'est pas respecter certaines populations, promouvoir de nouvelles modes, courants artistiques mais creuser encore plus le fossé entre les différentes classes sociales (de la bonne culture pour les riches et de la merde pour les pauvres). A 18 ans, les deux bras tatoués avec des tas de crânes, de roses ou des hirondelles, motifs 50's (c'est presque toujours pareil) plus ou moins bien dessinés, 20 piercings dans la gueule, un prénom de série tv (même si en Suède, cela semble être moins fréquent qu'en France), pour les populations plus rurales, et le luxe, la grâce, l'élégance pour celles de la capitale et des principales villes (le séduisant Carl-Johan avec sa coupe mi-longue sur son beau bateau et pour les autres, les soirées beuveries, et dès 30-40 ans, la prise de poids, le visage bouffi, fatigué).