par syl63 » Dim Fév 07, 2010 5:12 pm
Le tatouage en Europe se retrouve surtout chez les populations les moins éduquées, les plus populaires (chez les sportifs, c'est parmi les boxeurs qu'il y a le plus de tatoués et en athlétisme parmi les sprinteurs, c'est même pas une critique, juste une observation (il est amusant de noter qu'il y a très peu de catcheurs et de boxeurs japonais tatoués (le tatouage est beaucoup moins populaire en Asie, même dans des pays comme la Corée du Sud, le Japon)), celles qui ont toujours suivi aveuglément les modes.
Après il y a peut-être plusieurs prix Nobel tatoués, mais cela reste assez marginal.
Il y a de très bons dessinateurs parmi les tatoueurs, mais je considère que c'est un univers assez narcissique, exhibitionniste (le corps devient une sorte d'écran publicitaire, devient inutilement bavard, se veut provoquant (regardez je suis un rebelle ou j'écoute tel genre de musique ou de nombreux textes prétentieux en latin ou en anglais voire la tête de son chien ou le visage de ses enfants sans oublier des tas de crânes, de motifs floraux ou des tatouages oldschool). La tendance, c'est plus nombreux, plus gros et il y a de plus en plus dans le cou, derrière les oreilles et même tout autour du visage.
Je suis plus sensible à un art se voulant un peu plus intemporel où il n'est pas besoin de marquer son territoire, de laisser des traces, des marques, de remplir des espaces. Un corps c'est sacré, c'est comme la mer, le ciel, les paysages cela peut évoluer selon les saisons, c'est vivant, je vois pas l'intérêt de le tâcher. Je vois une jolie femme, j'ai pas envie de tout changer ou faudrait être un dieu très inspiré, pas envie de faire des traits partout, noircir certaines zones, mettre de la ferraille partout dans le visage, ne pas supporter qu'elle ait des poils, vouloir à tout prix modifier sa couleur de cheveux naturelle (on a l'impression qu'un corps sans artifice est incomplet, est horrible et qu'à partir d'un certain âge faut à tout prix le modifier). Les résultats, c'est rarement du Veermer ou digne des chef-d'oeuvres de l'art nouveau, ils ont surtout créé des monstres (c'est un peu le mythe de l'homme se prenant pour dieu et se brûlant les ailes).
Le tatouage/piercing aujourd'hui touche surtout des populations féminines de 16-30 ans des pays occidentaux, souvent assez jeune et très influençable (faut voir le niveau de réflexion, c'est souvent pour faire comme la copine ou le grand frère/grande soeur). Souvent ce n'est pas un libre-choix (un peu comme les religions), mais très influencé par la famille, les amis, le lieu, le milieu social (en Suède, c'est amusant car il y a vraiment deux populations, une pas trop tatouée plus éduquée et habitant Stockholm ou tout autour voire d'autres grandes villes et une plus rurales et beaucoup plus tatouée (la Dalécarlie, le Jamtland, le Norrbotten...). Les jeunes femmes n'ont pas du tout la même allure, c'est frappant, même le même regard.
Sur facebook, on le voit bien et peu de jeunes femmes distinguées, de bonne femme vont devenir membre de certains groupes ou avoir parmi leurs "amis" des tas de "raggare", et il y a une plus grande décontraction, naturel (les tatoués prennent souvent des poses, comme si c'étaient des acteurs, le regard perdu ou fixe, parfois agressif, rarement détendu). Même pour le choix de l'animal de compagnie, il y a des différences (proportionnellement plus de pitt-bull, de rotweiller, d'animaux exotiques, de reptiles chez les tatoués/piercés). L'impression que j'en ai, c'est qu'il y a toujours la volonté de capter l'attention (regardez-moi, regardez mes tatouages, mes piercings, mon gros chien , mes serpents...).
Je trouve cela pénible, et les dessins deviennent même secondaires, toute cette surenchère. Les tatouages, la nature nous offre tous les jours des milliers de spectacles infiniment plus riches, éblouissants (dommage que de plus en plus tombent dans ce piège).