Bonjour,
A propos des "clones américanisés"...
D'accord pour considérer que la mondialisation équivaut trop souvent à un nivellement culturel par le bas. Me déplaçant de temps en temps à l'étranger, je constate moi aussi ce triste phénomène qui fait qu'on retrouve à Munich, par exemple, les mêmes stéréotypes (comportementaux, vestimentaires, musicaux...) qu'à Paris, à Stockholm ou à Londres. En même temps, on ne peut pas la réduire à ça : la mondialisation, c'est aussi les rencontres réunissant des penseurs, des économistes, des médecins, des artistes, des scientifiques de haut vol. La mondialisation, il me semble que c'est aussi - et cela devrait être davantage - le partage du savoir, l'échange de technologies, l'entraide en cas de catastrophe, l'ouverture à d'autres cultures... En fait, Internet est une bonne illustration de la mondialisation : le pire y côtoie le meilleur...
De toutes façons, y a-t-il une alternative ? Pour ma part, j'ai bien peur que non. En un temps où n'importe quel point A du globe est à quelques heures d'avion de n'importe quel point B (et à un clic de souris !), on ne peut pas s'attendre à ce que les gens continuent à vivre comme ont vécu, des siècles durant, leurs ancêtres. Même chose pour l'immigration (cf. le sujet sur l'intégration à la suédoise) : les "A" ne resteront pas sagement chez eux à crever de faim pendant que les "B" - ou, au moins, une partie d'entre eux - vivent dans une opulence exposée à la face du monde entier par les écrans de télévision. C'est sûr : le monde vit un bouleversement sans précédent. On peut légitimement s'en inquiéter, en constatant les effets souvent dévastateurs de la mondialisation (sur les plans économique et culturel). Les identités culturelles, régionales ou même nationales, sont plus que bousculées. Quel rapport entre la France des villages et la France d'aujourd'hui ? L'avenir - qu'on le veuille ou non -, c'est forcément le mélange... pour le meilleur ou pour le pire ! A chacun d'oeuvrer, à son niveau, pour que ce soit pour le meilleur. Et ne nivelons pas nous-mêmes par le bas : l'immigration ne se résume pas aux petites frappes venues de banlieue casser du jeune Blanc en marge des manifs ; les Etats-Unis ne se réduisent pas à la poitrine avantageuse de Pamela Anderson...
Enfin n'idéalisons pas trop non plus le temps où chacun vivait chez soi, en vase clos, dans un monde de traditions et de certitudes (morales, religieuses...). On me permettra d'évoquer mon propre cas : comme bon nombre de Français, je suis le premier de ma lignée familiale à n'avoir pas connu la guerre. Tous mes ancêtres y ont été confrontés d'une façon ou d'une autre. Certains y ont perdu la vie. Mon arrière-grand-mère, qui vivait au fin fond du Cantal, dans un monde sans immigrés, sans web, sans "américanisation", a dû quitter un "beau"jour son village natal pour aller récupérer du côté de Compiègne... le cadavre de son unique fils, mort au champ d'honneur pour une guerre à laquelle il ne comprenait probablement rien. C'était ça, aussi, le monde d'avant...
Cordialement.
Philippe