le Surströmming (
http://www.photos-suede.com/forum/viewt ... c&start=15 pour la photo): le poisson enterré!
" le hareng baltique fermenté est produit aujourd'hui en majeure partie de Höga Kusten (la Haute Côte), une région de montagne escarpée de la province d'ångermanland, sur les rives du golfe de Botnie. c'est une bonne illustration de ces aliments qui étaient autrefois la nourriture des pauvres gens et une condition de survie dans un milieu hostile (ça, c'est pour vous imaginiez où vit super-Suède), mais sont devenus de nos jours des mets appréciés aux connotations rituelles.
Le hareng baltique fermenté est un souvenir d'un très ancien procédé de conservation du poisson. Le sel était cher et donc, au lieu de saler abondamment, on creusait alors un trou profond, on y déposait le poisson et et on le recouvrait d'une couche de sel juste suffisante pour qu'il ne pourrisse pas, mais fermente et s'acidifie (*). Cela permettait de le conserver longtemps.
Aujourd'hui, le hareng est mis dans les boîtes de conserve où la fermentation se poursuit, de sorte qu'un an après les boîtes sont bombées au point d'être presque rondes. La cuvée de l'année est mise sur le marché un jour d'août, et quand on ouvre les boîtes, il se répand une odeur spéciale, et pour un nez non initié plutôt incommandante. Le hareng se mange accompagné des délicieuces pomme de terre jaune en forme d'amande du nord de la Suède, et arrosé de bière et d'eau-de-vie (les vrais connaisseurs préfèrent le lait), ou roulé dans une tranche de pain mince, le pain d'orge non levé de cette région.
Le banquet de Surstömming a lieu en septembre
(*) ce procédé était également employé pour conservé les grandes quantités de saumon péchées au début de l'été dans les rivières. On obtenait un plat gastronomique courant "le gravlax" (littéralement le saumon enterré). Pendant longtemps, le gravlax a été un facteur important de l'économie rurale dans le nord de la Suède. Il y a quatre siècles, les cuisiniers de l'aristocratie découvrirent que le saumon apprêté avec du sel, du sucre et des épices, pouvait subir une transformation qui lui enlevait le goût de poisson cru sans que sa chair ne s'altère. Ce mets a hérité du nom de l'ancien poisson fermenté paysan, mais n'a pas son odeur.
- extrait de "Walpurgis, écrevisses et Sainte-Lucie" de Jan-Öjvind Swahn (avec la collaboration de l'Institut Suèdois) -