Le Christianisme en Norvège

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Le Christianisme en Norvège

Messagepar oko-Etou » Mer Fév 11, 2004 12:51 pm

Londres, an de grâce 994. Olav Tryggvason, un roi viking né en Norvège, se prosterne devant les fonts baptismaux. Par deux fois, son armée a envahi le sud-est de l'Angleterre. Par deux fois, le roi Ethelred II a dû payer une forte rançon pour récupérer ce que les Vikings lui ont arraché. A présent, Olav Tryggvason est devenu chrétien, les Anglais sont enfin délivrés des pillages des Vikings.

Par Erling Bø

Selon la saga, Olav Tryggvason retourna ensuite en Norvège; une tâche ardue mais passionnante l'y attendait : convertir ce vaste pays à la foi chrétienne.

En vérité, sa dernière expédition avait eu des conséquences dramatiques. Si les historiens ont parfois une interprétation divergente des faits, tous s'accordent pour reconnaître qu'Olav Tryggvason fut un chrétien scrupuleux et nul ne met sa foi en doute. Sa dévotion au Dieu chrétien marquera toute son existence après 994, et il est sans conteste le missionnaire le plus ardent que la Norvège ait jamais porté. Les païens allaient enfin être conquis au christianisme.

La foi norvégienne

Ce catholique qui visite la Norvège n'y comprend rien : danser, un péché ? Le vin aussi ? Et même les jurons ?

Quand avez-vous été sauvé ? demande le chrétien norvégien.
Sauvé ? s'étonne le catholique perplexe.
Oui, converti, explique le Norvégien.
Le catholique comprend de moins en moins. Il est né catholique, va se confesser une ou deux fois par an, et cette forme de christianisme lui suffit amplement. Le pauvre catholique se contente d'espérer que le Tout-Puissant est plus miséricordieux que son disciple norvégien...

Le particularisme norvégien

Le particularisme religieux norvégien tel que nous le connaissons aujourd'hui n'apparaît toutefois que dans le dernier quart du millénaire d'histoire chrétienne en Norvège. Un anniversaire que l'Eglise s'apprête à célébrer en 1995 et 1996.

Luther et Pontoppidan

Voici dix siècles, Olav Tryggvason importait le christianisme en Norvège. Cinq bons siècles plus tard, la foi et le culte norvégien allaient prendre une orientation toute différente. La Réforme et ­ plus tard ­ le piétisme allaient tout bouleverser.

C'est l'Allemand Martin Luther qui est à l'origine de ce virage de la foi norvégienne. Considérant la Bible comme l'unique autorité, il la traduit en langue vulgaire (l'allemand) afin que le peuple puisse avoir accès à ce livre jusque là réservé aux érudits. Il affirme que ce ne sont pas les actes ­ religieux ou non ­ qui mènent au salut : "Sola gratia per fidem", seule la grâce sauve par la foi. Elle seule apporte le salut au pécheur.

L'Eglise du pape de Rome est désavouée. Son pouvoir religieux et politique en sort affaibli. Avec le principe des "deux règnes", Luther crée une césure radicale entre la foi et le monde. Jésus a dit : "Rendez à César ce qui est à César, et à Dieu ce qui est à Dieu". Luther ne pense rien d'autre.

La Réforme gagne la Norvège dès 1536. Elle se manifeste par l'importance accordée à la foi individuelle. Deux siècles plus tard, un nouveau phénomène va dans la même direction : c'est le piétisme, lui aussi en provenance d'Allemagne. Sur l'ordre du roi du Danemark et de la Norvège, Erik Pontoppidan écrit en 1737 un manuel intitulé "La vérité sur la crainte de Dieu". Deux ans plus tard, l'Eglise parvient à imposer le principe de l'école obligatoire pour tous en Norvège, pour permettre aux jeunes de se préparer à la confirmation. L'école est donc, à l'origine, une école de doctrine chrétienne, les deux autres matières enseignées étant l'écriture et la lecture.

Le piétisme prône la soumission de la personne humaine à Dieu; l'individu est au centre de sa démarche. L'expression "personnellement chrétien" est passée tout naturellement dans le vocabulaire norvégien courant, alors qu'elle reste vide de sens dans un pays catholique. Si le piétisme établit une relation très forte entre la foi et la morale, les catholiques mettent l'accent sur l'aspect communautaire ­ la vie chrétienne étant d'abord fondée sur la participation à des rites religieux communs.

Mais même si les conceptions catholique et luthérienne de la foi se sont affrontées et s'affrontent encore sur de nombreux points, il est à présent communément admis par les deux parties que nul n'est en droit de leur refuser le qualificatif de "chrétiens". Ce qui n'est pas négligeable.

L'Eglise

Dans le cas de la Norvège, le concept de "nation chrétienne" mérite quelques explications juridiques, culturelles et historiques. L'article 2 de la Constitution, qui remonte à la séparation d'avec le Danemark en 1814, affirme que "Tous les habitants du royaume jouissent de la liberté du culte. La religion évangélique luthérienne est la religion officielle de l'Etat. Les habitants qui partagent cette foi sont tenus d'y élever leurs enfants."

Le débat sur les rapports entre l'Eglise et l'Etat, ouvert dans les années 1850, se ranime régulièrement depuis.

Au Moyen Age, l'Eglise avait un tel pouvoir qu'on pouvait légitimement parler d'un Etat ecclésiastique. La situation a-t-elle changé avec l'apparition d'une Eglise d'Etat ? Ou s'agit-il simplement de nouveaux habits dans lesquels se drapent les hommes d'Eglise pour conserver leur pouvoir ?

La mise en place de structures démocratiques s'est accompagnée d'une réduction des avantages parfois scandaleux que détenaient les classes privilégiées. Depuis l'apparition du "piétisme de cour" et jusque vers le milieu des années 1880, on peut parler d'une "Eglise soutien de l'Etat". Après l'introduction du parlementarisme, en 1884, apparaît un "Etat soutien de l'Eglise".

Si l'Eglise de cette époque a su rester une institution avec laquelle les hommes politiques devaient toujours compter, c'est notamment parce que la plupart des Norvégiens se reconnaissaient en elle. L'Eglise représentait donc un important potentiel électoral, et il était sage de ne pas se heurter de front aux ecclésiastiques. Cette situation n'a pas fondamentalement changé depuis.

Précisons que l'Eglise a pour sa part toujours tenu compte des prises de position de l'Etat. Le pouvoir que les hommes politiques détiennent par rapport à l'Eglise a presque toujours provoqué des troubles - lorsqu'il a été utilisé. Mais ces turbulences se sont toujours apaisées au bout de quelques années.

Conformément au principe de l'Eglise d'Etat, c'est le roi qui est le chef de l'Eglise. Il a aussi pour rôle de trancher dans les questions délicates. Ce fut le cas en 1981, lorsque le roi Olav V prit la décision de nommer la première femme à la prêtrise. Le roi Harald a marché sur ses traces en 1993 en confiant pour la première fois un évêché à une femme.

L'Eglise d'Etat

Des voix se sont élevées pour mettre fin à l'Eglise d'Etat. Les raisons en sont multiples, parfois contradictoires. Si certains veulent la séparation de l'Eglise et de l'Etat parce que - simplification grossière ­ ils n'aiment pas l'Etat, d'autres la souhaitent parce qu'ils n'aiment pas l'Eglise ­ autre simplification tout aussi grossière.

Au cours des années 1970, on a enregistré de nombreuses demandes d'être rayés des listes, demandes faites par des personnes qui se considéraient comme "non chrétiens" ou - à l'opposé ­ pensaient que l'Eglise n'était "pas assez chrétienne". (Un évêque a ainsi démissionné de son poste pour protester contre la loi sur l'avortement ratifiée par le parlement, suivi en cela par quelques prêtres. Ce coup d'éclat n'a cependant pas eu grand écho dans la population.)

La tendance s'est en fait inversée au cours des dernières années. Environ cinq mille personnes demandent chaque année d'être rayées des listes, mais ils sont également nombreux à demander leur réintégration dans le giron de l'Eglise. La révolte se tasse ou est en passe de se calmer. Actuellement, les porte-parole les plus enthousiastes d'une séparation de l'Eglise et de l'Etat appartiennent à la fraction la plus aristocratique de l'Eglise populaire, à savoir ses dirigeants.

Même eux paraissent toutefois relativement satisfaits de la situation actuelle. L'Eglise a en pratique les coudées franches, l'Etat paie ­ et le peuple fournit les membres.

Le peuple

Une Eglise populaire sans le peuple n'est pas une Eglise.

La Norvège est l'un des pays du monde qui compte le plus de chrétiens actifs. Quelques 70 organisations mettent chaque été sur pied des réunions, assemblées générales, camps, conférences et conseils. Par dizaines de milliers, ils profitent de la douceur de l'été pour se ressourcer et raffermir leur foi avant de rentrer chez eux affronter le quotidien du chrétien militant.

Un rapport publié récemment révèle que 918 missionnaires norvégiens oeuvrent dans 69 pays sur quatre continents. Ces 918 expatriés peuvent compter sur le soutien actif de plusieurs centaines de milliers d'amis des missions.

Sur le territoire norvégien, le travail bénévole des organisations chrétiennes est impressionnant : 18 organismes et institutions d'assistance aux personnes en détresse, 12 organisations de soutien aux missionnaires ­ sous l'égide de l'Eglise d'Etat ­ 21 organisations de mission sur le sol norvégien, 28 instances culturelles et médiatiques, 6 organisations oecuméniques et 33 institutions d'enseignement.

A ces chiffres s'ajoutent ceux des membres des 12 "sociétés dissidentes", des chrétiens qui préfèrent agir hors du cadre de l'Eglise officielle : adventistes, pentecôtistes, baptistes, méthodistes, catholiques et autres. Quand on sait que tout cela vient en sus du travail effectué dans les 1359 paroisses de l'Eglise de Norvège, on est forcé de reconnaître que la mouvance chrétienne est le plus grand mouvement populaire du pays.

La Norvège possède également une puissante "Association pour une éthique humaniste" qui regroupe ceux qui ont foi dans le néant total ­ ce qui ne fait que confirmer, à sa façon, la position dominante qu'occupe le christianisme en Norvège.

Une place importante

Chaque année, on vend une bonne centaine de milliers de livres sur le Christ et la foi chrétienne, et d'innombrables programmes télévisés sont consacrés au même sujet. Des milliers de missionnaires, bardés de colis alimentaires, apportent la bonne parole aux masses démunies. Des millions de personnes fréquentent les églises, et plus nombreux encore sont ceux qui joignent leurs mains le soir avant de s'endormir.

Chaque année paraissent trois cents titres de livres purement chrétiens, et les églises accueillent sept millions de fidèles au cours de diverses cérémonies.

La venue de l'été confirme chaque année la place importante du christianisme en Norvège. C'est alors que toutes les organisations chrétiennes battent le rappel de leurs troupes. Ces croyants prouvent que le christianisme norvégien est bien plus qu'un fonds traditionnel.

Il ne saurait pour autant être question d'hibernation le reste de l'année. Des activités de toutes sortes prennent place en toute saison et le mouvement populaire chrétien ne s'octroie aucun répit : réunions de prière, catéchisme et enseignement, aide aux démunis et efforts sociaux considérables.

Les organisations chrétiennes font rarement les grands titres de la presse. Elle n'en ont pas besoin et sont plus soucieuses de répandre la bonne parole que de faire la une des journaux.

Prenons l'exemple de la Coordination des missions norvégiennes luthériennes, la première des organisations missionnaires. Si son nom n'évoque pratiquement rien pour les Norvégiens, elle regroupe cependant quatre mille organisations. La direction nationale et les 18 directions locales assurent quatre cents emplois. Dans ses écoles, 215 enseignants assurent la formation de deux mille élèves. Le nombre exact des maisons paroissiales n'est pas connu, mais elles quadrillent l'ensemble du pays, et en particulier sa façade atlantique. La Coordination gère 33 centres de vacances et 44 jardins d'enfants employant 280 personnes. Sa radio émet en 23 langues à l'intention des missionnaires et possède 30 stations de radio locales dans le pays. A cela s'ajoutent 30 librairies, un éditeur et une maison de disques. Elle compte aussi 600 missionnaires oeuvrant en Ethiopie, au Kenya, en Côte d'Ivoire, au Japon, à Hong Kong, Macao, Taïwan, en Indonésie, au Pérou et en Bolivie.

Un autre monde

Impressionnant ? Sans aucun doute. La Coordination dispose d'un budget annuel de 125 millions de couronnes et publie quatre revues, soit un tirage total de cent mille exemplaires. Son Secrétaire général gagne à peine 200.000 couronnes par an, soit le salaire d'un ouvrier qualifié. Quel est le chef d'une entreprise de cette taille qui accepterait de travailler pour un tel salaire ?

Certains parlent de déchristianisation. Il est possible que certains enfants croient que les premiers être humains s'appelaient Hansel et Gretel et que Job est le nom du fondateur des agences pour l'emploi. Il est pourtant nettement exagéré de parler de déchristianisation.

Un effort colossal

La société norvégienne est sans doute complètement dépendante de l'effort bénévole colossal consenti par les chrétiens engagés. Il est pourtant impossible de chiffrer l'assistance fournie par ceux-ci à la société dans des domaines tels que l'éducation des enfants, les mouvements de jeunesse, la culture, les sports, la santé, les soins aux personnes âgées, l'assistance aux toxicomanes, l'aide au tiers monde, etc.

A la base de tout cela, un simple espoir : Jésus reviendra nous sauver. Nul ne peut nier que la foi est une source inimitable d'inspiration. Les organisations laïques ne peuvent qu'envier la puissance fondatrice qui sous-tend et anime l'action de leurs consoeurs chrétiennes.

Jésus ­ un fait

L'existence de Jésus de Nazareth est un fait historique. Sa résurrection est une question religieuse qui ne peut être prouvée. Pour croire à la résurrection, il faut croire en Jésus. Et celui qui croit en Jésus croit à la résurrection.

Il n'est guère étonnant que le mot norvégien pour respirer est "ånde", une racine commune à de nombreuses langues européennes. La respiration amène au sang l'oxygène et rejette des déchets ­ il faut respirer pour vivre. De même, il nous faut avoir un esprit pour vivre en tant qu'esprits. Si nous devions trouver le sens de l'existence à l'aide de notre seul intellect et de notre capacité à conceptualiser les choses, l'existence se réduirait à une pauvre devinette. C'est l'esprit qui enrichit la vie, qui la rend autre. La Pentecôte, qui est la fête de l'Esprit, élève le christianisme d'une simple morale à sa pleine dimension religieuse.

Notre héritage chrétien, bâti sur la trinité du Père, du Fils et du Saint-Esprit, a marqué la société norvégienne à un point que l'on a peine à imaginer. Le calendrier en est imprégné. L'évêque Eivind Berggrav écrit : "Ce qui est vivant, c'est l'année religieuse en tant que sel et couleur de l'année de l'almanach. Sans l'année religieuse, tous les jours de l'almanach seraient uniformément gris et ternes. Ils seraient sans personnalité. C'est l'année religieuse qui anime et colore l'année du calendrier, elle en est le sang et la vie."

Ce n'est là qu'un exemple entre mille. Notre langue est pleine de mots et d'expressions qui proviennent de la Bible, et que l'on ne comprend pas vraiment sans une certaine culture biblique : judas, déluge, pécheur repenti, pauvre comme Job, s'en laver les mains, crucifix, tour de Babel, le chameau et l'aiguille, demander sa tête sur un plateau et tant d'autres encore. Il est donc naturel que le christianisme occupe une place importante à l'école et qu'il fasse l'objet d'un enseignement approfondi. Si cela a toujours été le cas dans le système scolaire norvégien, c'est parce le christianisme y tient une place plus importante que toutes les autres religions. Cette situation restera sans doute inchangée dans les siècles à venir, quelle que soit l'opinion de la majorité des habitants. Le 3 mai 1995, un comité nommé par le ministère a présenté une proposition visant à élargir la place du christianisme à l'école. C'est dans l'intérêt de tous les enfants de Norvège de connaître les faits principaux qui constituent la base de la culture religieuse nationale ainsi que les grands mythes de l'Ancien Testament, estime le ministre. Et il ajoute: "Certaines formes d'ignorance ne devraient pas être tolérées".

Valeurs changeantes

Ces dernières années, le mot "valeur" a pris un autre sens, passant de sa dimension monétaire à une dimension "qualité de la vie". Les experts en opinion estiment qu'une vague de lecture et de réflexion va remplacer la mode du jogging. Il est redevenu acceptable de parler de Dieu. Mais Jésus ? Parler de lui nous met toujours mal à l'aise, un peu honteux. La question est trop personnelle pour que l'on souhaite y être confronté. Nous préférons entretenir des rapports avec un Dieu lointain...

Parallèlement, Jésus crucifié est au coeur de notre compréhension de nous-même et de notre société, du pouvoir de l'amour et du mal. Nous l'avons d'abord crucifié. Nous avons ensuite bâti 2000 ans de civilisation sur son enseignement.

Le message de paix et de pardon de l'enfant dont nous fêtons chaque année la naissance à Noël a fait preuve d'une étonnante capacité de survie, malgré tout le mal et la misère du monde, à travers 2000 ans. Pour la Norvège, un millénaire.

L'histoire

Il y a mille et une année, un petit groupe d'étrangers débarque sur Dragseidet près de Selje, dans le Nordfjord. Ils fuient les païens et apportent en Norvège une foi qui progresse dans toute l'Europe. Cette foi, la Norvège allait bientôt la faire sienne... C'est ce que rapporte la saga de sainte Sunniva, la princesse irlandaise, et de ses hommes. Le roi Olav Tryggvason embrasse la foi du Dieu de sainte Sunniva et entreprend la christianisation du pays.

Nombreux sont ceux qui pensent que la christianisation de la Norvège a commencé à Dragseidet, à l'extrémité nord-ouest du pays, en l'an 996. C'est ici que le roi rassemble les envoyés de quatre provinces et leur donne ses ordres. En 997, le christianisme devient une loi du Gulating, la cour de justice viking de l'ouest et du sud du pays située à Gulen, dans le département du Sogn et Fjordane.

De ferme en ferme

Le roi Olav et ses hommes commencent par christianiser les élites et l'aristocratie. Ils avancent ensuite pas à pas, de famille en famille, de ferme en ferme. L'introduction du christianisme est une véritable révolution culturelle et la culture occidentale supplante la foi norroise. La nouvelle Eglise fait peu à peu partie intégrante de la vie de tous les Norvégiens, convertis ou non.

Le peuple reste soumis durant deux siècles à cette influence ­ pour employer un euphémisme moderne ­ avant que l'on puisse parler de christianisation totale. Et les moyens utilisés ne sont pas exagérément pieux.

La saga rapporte qu'Olav Tryggvason fait ériger une église de bois devant la caverne où s'était réfugiée sainte Sunniva. Que s'est-il passé au juste ? Il existe plusieurs versions de la saga, mais elles ne diffèrent que très peu.

Sunniva était une princesse d'Irlande, terre très tôt soumise à l'influence chrétienne. Lorsque l'on veut la marier contre son gré à un prince païen, elle s'enfuit vers l'est dans un bateau sans rames ni voiles. Elle touche terre sur l'île de Selja, mais les païens, sous la conduite du comte Håkon Jarl, tentent de la tuer ou au moins de la chasser, car ils ne veulent pas de cette présence étrangère. A nouveau en fuite, elle se réfugie dans une caverne de l'île. Elle prie alors Dieu d'envoyer ses anges pour faire s'effondrer la voûte et être enterrée là avec ses compagnons. La montagne se fend sur leurs têtes, leurs âmes montent aux cieux dans une miraculeuse colonne de lumière visible de la terre ferme, et une odeur suave se répand dans les environs.

Cette légende parvient aux oreilles d'Olav Tryggvason. En 996, il exhume les squelettes des martyrs mais découvre le corps de sainte Sunniva intact et parfaitement conservé. Il le place dans un reliquaire, qui sera en 1170 transporté à Bergen, devenue siège épiscopal. C'est donc à Selja que réside le premier évêque de Norvège, malgré la préférence de l'église catholique romaine pour les centres urbains. Kjell Bondevik, expert en traditions populaires, rapporte que la caverne de sainte

Sunniva fut durant des siècles un lieu de pèlerinage pour des croyants venus de tous les horizons ­ bien plus nombreux qu'aujourd'hui, malgré l'arrivée des touristes. Des miracles se sont produits sur les lieux où les étrangers ont souffert le martyre. La foi de ces étrangers est devenue notre foi, leur civilisation est devenue la nôtre.

Les enfants que l'on porte sur les fonts baptismaux en 1995 pour y recevoir le même baptême qu'Olav Tryggvason il y a un millénaire ne savent rien de l'histoire de leur pays. Cette histoire les marquera pourtant profondément.

Communautés religieuses mineures

La dernière édition de l'Almanach de Norvège ­ en date de 1992 ­ rapporte que 269.939 personnes sont membres de communautés religieuses ayant droit à des subventions publiques:

Association pour une éthique humaniste 54.553 membres
Pentecôtistes 44.888 "
Eglise catholique romaine 30.027 "
Islam, 28.906 "
Eglise catholique romaine 20.336 "
Témoins de Jéhovah 15.146 "
Eglise méthodiste 14.949 "
Communauté baptiste 11.350 "
Association des missions norvégiennes 7.767 "
Communauté adventiste 6.409 "
Communauté religieuse luthérienne
évangélique 3.580 "
Assemblées évangéliques libres 2.788 "
Eglise anglicane 1.531 "
Communauté juive 1.073 "
L'auteur de cet article, Erling Bø (né en 1957) est secrétaire de rédaction du quotidien Verdens Gang. Il a étudié la philosophie et la sociologie à l'université d'Oslo. Il a été pendant 11 ans journaliste et rédacteur du quotidien chrétien Vårt Land.

Rédigé par Nytt fra Norge pour le Ministère des Affaires étrangères. L´auteur est seul responsable du contenu de cet article. Reproduction autorisée. Imprimé en mai 1995.
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Messagepar oko-Etou » Mer Fév 11, 2004 1:02 pm

Etes vous de quelle confession?

Est ce , association pour une éthique humaniste 54.553 membres
Est ce , pentecôtistes 44.888 "
est ce catholique romaine 30.027 "
Islam, 28.906 "
... catholique romaine 20.336 "
est ce Témoins de Jéhovah 15.146 "
est ce méthodiste 14.949 "
est ce baptiste 11.350 "
est ce , missions norvégiennes 7.767 "
Communauté adventiste 6.409 "
Communauté religieuse luthérienne
évangélique 3.580 "
Assemblées évangéliques libres 2.788 "
Eglise anglicane 1.531 "
Communauté juive 1.073 "

Merci d'avance pour vos reponses.
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Messagepar suede » Mer Fév 11, 2004 2:46 pm

Le teste original peut être trouvé ici : http://odin.dep.no/odin/fransk/om_odin/ ... b-n-a.html
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Messagepar oko-Etou » Jeu Fév 12, 2004 12:56 pm

Frère,
Etes vous catholique ?
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Messagepar suede » Jeu Fév 12, 2004 1:52 pm

oko-Etou a écrit:Frère,
Etes vous catholique ?

La majorité des personnes en Europe du nord sont chrétiens protestants luthériens.
Il y a ensuite beaucoup de sectes chrétiennes et/ou églises libres.
Dans certains de ces cas, on peut considérer la définition "l'Opium du peuple" comme très justifiée.

François
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