par Sommarlek » Lun Avr 18, 2005 6:01 pm
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Elle fit quelques pas, sans hâte, profitant de la brise qui lui caressait les tempes, lorsqu'un petit scintillement, entre les tendres pousses d'herbe, attira son attention. Elle se pencha, tendit la main et ramassa une pièce d'un jaune éclatant.
Elle songea : "Qui donc a bien pu perdre une aussi jolie pièce ici, aussi loin du chemin ?"
Et, comme elle s'assurait d'un regard qu'il n'y en avait pas d'autres, son oeil fut attiré par une autre lueur, plus claire. Elle tendit de nouveau la main, fouilla un peu dans la verdure, et ramassa une autre pièce, tout aussi belle, mais un peu moins grosse et en argent cette fois !
"C'est incroyable, se dit-elle, toujours penchée au-dessus du sol, mais qui diable a bien pu laisser tomber cet argent ici ?"
Elle allait se redresser quand elle vit que la pièce d'argent n'était pas seule. En effet, sous une feuille morte de bouleau, elle découvrit une troisième pièce. Elle était plus petite encore que la pièce d'argent, et elle était en cuivre.
Décidément, tout cela était bien singulier.
L'ombre d'un nuage passant devant le soleil la tira de sa rêverie. Elle eut un frisson car il fit soudain un peu moins chaud. Et, comme elle se retournait, elle vit avec stupeur qu'elle n'était plus seule dans la clairière. Non loin, à quelques mètres, un renard, un loup et ours étaient assis côte à côte et la regardaient sans bouger. Elle eut peur d'abord et songea à s'enfuir, mais, en voyant le petit renard s'approcher en trottinant, sans agressivité, elle attendit de voir de quoi il retournait.
Quand il se trouva à environ un mètre, le renard s'assit et dit :
— Nous sommes heureux de voir que tu as trouvé les trois pièces.
Et il lui raconta qu'avant d'être un renard, il avait été un jeune homme, tout comme le loup et l'ours qui étaient ses frères. Leurs parents, qui n'avaient plus un sou pour les nourrir, les avaient envoyés tenter leur chance de par le vaste monde. L'aîné avait pris la route du Nord, le cadet la route de l'Ouest et le benjamin la route de l'Est. Hélas, en chemin, ils étaient tombés tous trois sur des trolls qui les avaient ensorcellés.
— Moi, poursuivit le renard, j'ai été transformé en renard par un troll à trois têtes.
— Et moi, dit le loup qui s'était approché, j'ai été transformé par un troll à six têtes.
— Et moi, dit enfin l'ours qui les avait rejoints, j'ai été transformé par un troll à neuf têtes.
Le jeune fille n'en crut pas ses oreilles. Elle demanda :
— Et que puis-je faire pour vous tirer de ce mauvais pas ?
Le renard répondit :
— Si tu veux nous aider, il faudra que tu prennes la route du Sud et que tu ailles jusqu'au château du grand troll à une tête, le père de ceux qui nous ont ensorcellés. Tu devras te faire embaucher dans ses cuisines et faire en sorte qu'il avale, au cours de trois repas consécutifs, chacune des pièces que tu as trouvées aujourd'hui. Après quoi, en profitant de son sommeil, tu lui trancheras la tête, et alors, alors seulement nous serons libérés du sort qui nous accable !
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PS : à vous... je précise que je n'ai rien copié nulle part, mais que je connais particulièrement bien les ressorts des contes scandinaves (norvégiens en particulier) pour en avoir traduit une bonne quinzaine pour un éditeur.
kärleken är blind när den kommer, men alltför skarpsynt när den går...