de Invité le Ven Nov 05, 2004 1:33 pm
Enfin je te rappelle que les moustiques sont les hôtes principaux de la toundra en été. Prévois un répulsif, un répulsif qui ne dissolve PAS l'enduction du nylon imper de ton sac à dos, et autres facéties ; pense à une moustiquaire de chapeau ou de casquette. Là où le problème de la moustiquaire devient pratiquement insoluble, c'est quand tu t'arrêtes et baisses culotte pour caguer. Un vrai supplice !
Le problème des moustiques est résolu si tu vas nettement trop tard en saison, en août quand la pluie et la fraîcheur reviennent.
Cet avantage secondaire du "trop tard en saison", je l'ai apprécié deux fois, la première en août 70 autour du Helagsfjället et des Sylarna, la seconde en août 75, quand la peau tendre de mon premier bébé y aurait fait une terrible proie. Or nous avons jouit sur les bords du lac Isteren d'une paix totale sur un site idyllisk : les occupants des hytte étaient repartis à leurs villes, les myrtilles étaient abondantes à s'en tacher le fond de culotte, les moustiques étaient engourdis. Même les guêpes étaient engourdies, en fin de vie : j'en ai écrasé plus de cent sur l'aire où je débarquais et rangeais notre matériel de camping du Zodiac vers la voiture.
Un peu plus tard, à l'Ouest, nous avons vu toutes les montagnes au dessus de Stryn et du Nordfjord couvertes de neige. On approchait de la fin d'août. Même les norvégiens ont été surpris de cols enneigés si tôt, alors qu'aucun n'avait bien sûr les pneus d'hiver.
Trop tôt en saison épargne aussi le plus gros des moustiques : quand tu es le premier à passer à pieds par des gros névés mous, depuis que les skieurs ne passent plus. Inconvénient : tu t'enfonces parfois jusqu'aux cuisses... Avantage : certaines rivières se guéent à sec, sur ponts de neige. Inconvénient : si ces ponts de neige crèvent sous ton poids ! Le compromis du trop tôt en saison serait sans doute d'emporter les raquettes. Coût non négligeable, et surtout minimum 2200 g de plus sur le sac !
Si tu regardes attentivement les photos de toundra, et que tu compares avec les catalogues de fabricants (comme Hilleberg), tu vas vite te poser la question du sol très mince entre beaucoup de cailloux, et de sa (très) rare compatibilité avec le tapis de sol d'une tente. C'est une des raisons pour laquelle certains fabricants vantent que leurs tapis de sols sont séparés (et le tout est hors de prix...), afin que l'on puisse le cas échéant s'abriter de la pluie sans déchirer son tapis de sol. En 1969 ma solution était primitive mais efficace : abri de paroi Zdarski, que l'on referme sous soi avec des boutons pressions, et sac de bivouac autour du duvet. Le grand sac à claie arcbouté sur le piolet faisait l'un des mâts (interne) de l'abri. Le restant de la hauteur d'abri aux pieds du dormeur était fourni par un piton planté 2 m plus loin, et une petite sangle au piton.
Une spirale antimoustiques allumée près de l'ouverture de l'abri suffisait à passer une nuit tranquille : je n'avais aucune moustiquaire. Mais j'étais en avant-saison, le lac Virijaure était encore encombré de glaces.